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Résumé :
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Pourquoi l'Histoire' Longtemps la réponse classique a été de l'ordre moral: pour l'édification du lecteur, en lui montrant les vertus ou vices des grands hommes du passé, en décrivant les caractères positifs ou négatifs des peuples, et en le guidant sur les leçons à tirer du récit de ce qui a été. Mais au-delà de cette fonction utilitariste, et sans pour autant l'abandonner, des philosophes ont, au XVIIIe siècle, commencé à s'interroger et sur la fabrication du récit historique, en distinguant entre la fable et le fait avéré, et sur son objet même, qui pourrait bien être la description des m'urs d'un groupe humain autant, sinon plus, que la narration des hauts faits (ou méfaits) d'individus éminents... Cette évolution de la conception de l'Histoire, ébauche de la réflexion historiographique moderne, se manifeste dans les trois textes ici rassemblés et devenus introuvables malgré la renommée de leurs auteurs. Fontenelle, le premier, a l'audace, en 1724, de tenter de « faire l'histoire de l'histoire même » d'Alembert, en 1761, s'interroge plus sur la manière de l'écrire, ce qui induira un pourquoi' Voltaire, dans l'article « Histoire » de la Grande Encyclopédie (paru en 1765), distingue d'emblée: « Histoire: récit des faits donnés pour vrais » de la fable: « récit des faits donnés pour faux », et propose une méthode pour établir, avec un quasi-critère de validité, cette distinction. Sans marquer une réelle rupture avec la conception alors traditionnelle de l'Histoire, ces trois textes sont plus que des jalons vers une « nouvelle Histoire » et leur lecture nous aide à comprendre comment les penseurs des Lumières ont, dans ce domaine encore, jeté les bases d'une Histoire qui pourrait être une science. M.D.
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